Un enregistrement révèle les dessous de marchés truqués en Essonne

15 JANVIER 2016 | PAR KARL LASKE

En novembre 2015, le maire de Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot, recevait deux représentants d’une petite entreprise de propreté urbaine de Corbeil. Objectif : leur faire retirer un recours engagé contre le groupe Nicollin, attributaire des marchés sur sa ville depuis vingt ans. Selon l’enregistrement de cette rencontre, obtenu par Mediapart, l’élu se fait l’intermédiaire de l’entreprise : il propose un autre marché, et accuse le président du conseil général François Durovray et Georges Tron, le maire de Draveil, de « magouiller à fond la caisse ».

Extrait :

« Je suis capable de leur mettre une tarte dans la gueule et ça, ils le savent. » Les arguments du maire (divers droite) de Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot, face à ses collègues élus sont souvent frappants. « Je les emmerde, raconte-t-il. Je ne suis pas comme Dassault. Je m’appelle pas Rothschild, je m’appelle Poinsot. Je suis un petit maître nageur qui est devenu maire d’une ville de plus de 30 000 habitants et ça, ça les fait chier, tous. » Mis en cause depuis plusieurs années par des fonctionnaires de sa ville, l’élu local s’est lâché devant deux chefs d’entreprise, en novembre dernier.

Serge Poinsot a dévoilé sans méfiance l’étendue de son intervention sur les marchés de sa ville et de l’agglomération, son engagement en faveur du groupe Nicollin, attributaire des marchés sur sa ville depuis vingt ans, et ses « magouilles » (sic) personnelles sur ses« associations sportives ». L’objet de sa démonstration, enregistrée à son insu : obtenir des deux petits patrons de LG Environnement qu’ils retirent leur recours contre l’attribution à Nicollin du marché de collecte des ordures ménagères de l’agglomération Sénart Val de Seine – regroupant les villes de Vigneux-sur-Seine, Draveil et Montgeron. Sa méthode : proposer un autre marché, faire miroiter un rendez-vous, voire « une entente », avec le géant des déchets. Et accuser le président du conseil général, François Durovray, élu de Montgeron, et Georges Tron, maire de Draveil, de « magouiller à fond la caisse ».

La suite sur Médiapart les avec bandes sonores : https://www.mediapart.fr/journal/france/150116/un-enregistrement-revele-les-dessous-de-marches-truques-en-essonne

Voir aussi :

Article publié le mercredi 21 octobre 2015, dans le numéro 1213 de Charlie Hebdo.
« Une petite boite liée à la grande délinquance et au système Dassault rafle des marchés à la barbe des géants du secteur, Veolia et Nicollin. Le secteur n’a jamais été très propre, mais là, il faut dire qu’on touche le fond… de la poubelle. » http://rge91.fr/wp-content/uploads/2015/10/3672_001.pdf

La gangrène de la corruption

Compte rendu de la conférence-débat organisée par l'association "ouvrir le débat" avec comme invité Eric Alt, Magistrat, Vice-Président d'Anticor et auteur d’ouvrages[1].




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